La Martinique du XIXe siècle

Les anciens métiers

Au sortir de l’esclavage, les noirs et pauvres de l’île se tournent vers de nombreux métiers, qui ont pour la plupart disparu :la da, qui passait sa vie à s'occuper de l'éducation des enfants des riches familles blanches, l' amarreuse : autrefois  l'amareuse était une femme  qui avait pour métier de faire les liens qui tenaient les fagots de canne faits par le coupeur, le  marchand de vannerie : hibichets (panier à écrevisses), valises, paniers...,la charbonnière (qui débarquait des cargos de la Compagnie Générale Transatlantique le charbon), les lavandières, qui lavait et repassait le temps d'une journée le linge du personnel des cargos débarquant à la Martinique, le  vendeur de balais, la marchande de lait,

Certains métiers ont perduré : la marchande de légumes, la marchande de sorbet, le marchand de cocos, le marchand de pain (dans les quartiers surtout), les vendeuses de cacahuètes ou "pistaches", les vendeurs de cassave.

Les usines centrales

Les usines centrales annoncent la fermeture des  sucrotes (petite sucrerie) et des sucreries en difficulté du fait du succès et du développement du sucre de betterave.

Elles marquent l'arrivée de l'industrialisation à la Martinique, les moulins sont remplacés au profit de la machine à vapeur. Elle profite de l'apparition de l'architecture métallique.

Il y en a eu dans plusieurs coins de l'île :

  •  au Marin, l'usine de Charles HAROUARD et de Joseph  BRAUD, elle fonctionna de 1869 à 1965
  • au Lamentin : l'Usine du Lareinty créée par Emile BOUGENOT, s'étendait sur 1900 hectares et disposait de 3 km de voies ferrées. On y a fabriqué jusqu'à 25 barriques de sucre par jour. Rachetée par Eugène AUBERY après 1945, elle ferme définitivement ses portes en 1981.
  • au Lamentin, l'Usine SOUDON  avait un port sucrier Morne Cabri, son réseau ferré s'étendait sur 38 kms.
  • l'usine de Rivière-Salée (qui a servi de décor au film "la Rue Cases-Nègres" d'Euzhan PALCY) créée par Messieurs HAYOT, BOUGENOT et QUENESSON en 1869.
  • La seule toujours en activité est l'Usine du Galion, créée en1865 par Eugène EUSTACHE, sur la commune de Trinité.

Coûteuses, elles fermèrent au début des années 60 jusque dans les années 80. Elles sont désaffectées quand leur terrain n'a pas été repris pour une autre activité. Cette activité déclinant, l’économie de la Martinique a été orientée vers la banane.

La banane

Fruit du bananier, elle se consomme comme un légume ou un fruit selon sa variété.

Le bananier est la plus grande herbe au monde, il appartient à la famille des Musaceae.

Le bananier est constitué d'un long "faux tronc" appelé stipe, il s'agit en fait d'un assemblage de feuilles, de large feuilles : les tioles. Sa floraison se manifeste par l'apparition d'un bourgeon floral.

L'ensemble des bananes contenues par un bananier constitue un "régime" de bananes. Un régime est formé de plusieurs "mains" : les "rangées" de bananes que l'on connait. Ainsi une banane est appelé un "doigt". Il existe plusieurs variétés de banane : celle que l'on mange en dessert: la banane figue (petite de taille), celle que l'on mange comme un légume et qui se consomment après cuisson : la "banane jaune" ou  banane plantain et la banane ti-nain (de couleur verte).

C’est le produit le plus exporté de l’île.

Les sacs bleus qui protègent la banane servent à repousser les oiseaux et chauve-souris (cette couleur les repousse).

La Martinique, une île de métis

"Sous le ciel des Tropiques, la race africaine, comme l'européenne, se modifia sensiblement par la reproduction. Les uns et les autres donnèrent naissance à un être nouveau... de l'africain long et élancé du Sénégal, du Congo lourd et trapu,  du Mandingue plus vif et plus délié, est sorti le Nègre Créole tellement fondu, homogène et approprié au sol, qu'il n' st plus possible de retrouver sur son front ses père et mère, sa souche naturelle, sa filiation"

 Rufz de LAVISON (1850)

Être martiniquais signifie être un homme ou une femme dont les origines sont avant tout celles de la mixité raciale.

Être martiniquais veut dire avoir des parents :

-Arawaks

-Caraïbes

-Français

-Africains

-Indiens

-Chinois

Avant d'être martiniquais, les hommes et les femmes de l'île sont des créoles, comme le rappelle son étymologie : "être né aux Antilles".

Par la suite des immigrés libanais, américains, italiens, juifs, vietnamiens et brésiliens sont venus enrichir le brassage culturel que constitue la société martiniquaise.

Pour mieux classifier les différents types qui composent la société martiniquaise, il existe des termes : les termes utilisés dans cette rubrique, ont été élaborés par les blancs créoles de la Martinique, je vous les cite car ils sont toujours employés.

Près de 90% de la population est de couleur noire, avec des variations comme le montre les termes suivants :

-des noirs appelés négres ou nègresses (leur peau est manifestement noire, comme la mienne et leurs cheveux crépus)

 -des chabins et des chabines  (personnes de couleur mais qui du fait du métissage apparaissent plus proches des personnes dites blanches, leurs cheveux sont rarement noirs et tirent plus vers un blond foncé, ils ont le teint clair, légèrement hâlé parfois, leurs cheveux ne sont pas crépus mais ondulés)

-des mûlatres et des mûlatresses (enfants né de l'union d'un blanc  créole et d'un noir, teint clair et cheveux s’approchant du type européen bien que de couleur noire),

-des câpres et des câpresses (enfant né de l'union d'une personne blanche et d'une personne noire),

NB : Pour aller plus loin, le terme métis désignait par le passé la  combinaison d'une personne blanche et d'une personne amérindienne (le sens a évolué, devenant une généralité).

Tous les noms donnés aux hommes de couleurs sont du fait des colons, ils servaient à maquiller leur mépris à l'encontre des hommes de couleurs, ainsi donc:

-le  terme "mulâtre" est une référence au mulet...

-le terme "chabin" faisant lui référence à une espèce de mouton de la Normandie...

-le terme "câpre" lui serait à rattacher à une race de chèvres des montagnes...

Personnellement, je ne les emploie plus!

 

-les coolies, de type indiens, à la différence que leur peau est de couleur plutôt foncée, leurs cheveux ne sont généralement pas de type crépu, mais lisses ou ondulés comme les Indiens en Asie.

A côté de ces descendants d'esclaves, les descendants des colons appelés un temps "créole" (car nés dans la colonie) sont connus sous le nom de békés (déformation de l’appellation « blancs de quai », qui désignaient les riches blancs qui attendaient une livraison de produits ou d’esclaves sur les ports de l’île).

Bienvenue à la Martinique !

 

 

 

 

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Commentaires (1)

1. nathalie michaud 28/02/2009

je retiens que:
"être créole" ca veut dire" être né aux Antilles..."
c'est ce qui devrait mettre tout le monde d'accord ou même à égalité,non?

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