La société colonialiste

 La société sous l’esclavage

C'est une société basée sur la couleur de la peau, avec des critères stricts ainsi :

  • un blanc avait 128 parties de sang blanc et 0 de sang noir.
  • le poban possédait 120 parties de sang blanc et 8 de sang noir.
  • le quarteron était constitué de 112 parties de sang blanc et 16 de sang noir.
  • le métis avait 96 parties de sang blanc et 32 de sang noir.
  • le mûlatre avait 64 parties de sang blanc et 64 de sang noir.
  • le câpre possédait 32 parties de sang noir et 96 de sang noir.
  • le griffe avait 16 parties de sang noir et 112 de sang noir.
  • le nègre avait 0 partie de sang blanc et 128 de sang noir.

Les blancs sont d'office libres, certains noirs sont libres après avoir obtenu ce statut mais la majeure partie de la population est constituée par les esclaves.

Les Affranchis ou libres de couleur

Ce sont d’anciens esclaves, libérés par un père qui entend par là, assumer une paternité sans toutefois l’assumer socialement (par une reconnaissance officielle) ou esclaves qui ont pu racheter leur liberté. Très peu nombreux à la fin du XVVe siècle, leur nombre croit vite. Ils luttaient contre un système ou aucune place ne leur était réservée : il n’y avait que deux possibilités : être noir ou être blanc ! Tentant d’être acceptés par les blancs, certains eurent eux-mêmes des esclaves affichant ainsi une égalité au moins financière avec les blancs, leur condition d’homme libre ne pouvant les ramener vers leurs frères de sang, les Noirs. Bien que libres, il n’en était pas pour le moins soumis aux mêmes dictats de la société blanche qui leur refusait l’entrée de leurs bars privés et de certains lieux publics.

Les nègres marrons

Certaines personnes pensent, peut-être, que si l'esclavage a pu durer 212 ans, c'est parce que les hommes de couleur n'auraient pas réagi, loin s'en faut!

Certains d'entre eux  se jetèrent à la mer dès qu'ils en ont eu l'occasion mourant d'une mort atroce  mais échappant à une vie de souffrances sur une plantation.

Ceux qui étaient arrivés en vie, travaillaient un temps et tentaient de s'échapper du système en fuyant, ce qui fut appelé le marronnage. Fuir était sévèrement puni :

-par des coups de fouets

-des mutilations ou des amputations

-par la peine de mort.

Ceux qui y parvenaient étaient condamnés à vivre dans la forêt tropicale (construisant le modèle qui servira aux futures cases) ou à s'exiler sur d'autres îles (les Anglais ont moins pratiqué l'esclavage dans leurs colonies) comme Saint-Vincent ou la Dominique.

Parmi les plus célèbres citons :

-l'esclave Séchoux condamné à mort le 23 juillet 1655, pour marronnage

-l'esclave Fabule ou Fabulet qui trahit ses compagnons de marronnage pour sauvé sa vie mais retourna au marronnage par la suite.

Les enfants nés des nègres marrons et ayant toujours vécu dans la forêt étaient appelés créoles des bois.

Les hommes envoyés à leur poursuite étaient appelés « capteurs».Ils partaient à la poursuite des marrons avec leurs chiens.

Autre moyen de résistance désobéir, c'est d'ailleurs ce qui mènera à l'abolition de l'esclavage. Un jour de mai 1848, un esclave Romain refusera d'obéir à l'ordre qui lui était donné d'arrêter de frapper son tambour...

Plusieurs communes arborent une statue de "nèg marron " en leur mémoire.

Les békés

Les békés sont les descendants des premiers colons de l'île, ainsi définis :

"Le groupe des Blancs créoles se compose d'individus de race blanche dont la famille a habité la Martinique depuis plusieurs générations ou bien qui appartiennent à la première génération d'immigrés de l'île."

Ils sont essentiellement d'origine normande, ils forment environ 150 familles, dont 16 sont très importantes numériquement parlant.

28 noms de familles existent depuis avant 1713.

Grâce à l'obtention de terrains offerts par le Roi et à la culture du tabac puis du café et du cacao et l'avènement du sucre, certains colons et leur descendance devinrent très riches.

Pour conserver ce qui faisait leur statut particulier dans une société édifiée sur la distinction des races : leur couleur blanche, les mariages interraciaux appelés "mésalliance"  étaient interdits.

Au début de la colonisation, on distinguait plusieurs groupes de colons : les habitants (propriétaires terriens) et les engagés (main d'œuvre).

Il y avait :

-les grands blancs (riches), propriétaires d’habitations sucreries ou de cacaoyères

-les petits blancs (modestes), s’affairait sur des petites exploitations vivrières.

-les békés goyave (de la campagne)

-les békés en bas-feuille(les plus pauvres).

Ils accumuleront fortune et richesse jusqu'à l'abolition de l'esclavage, la libération des esclaves et l'obligation de verser un salaire à leurs ouvriers ébranla quelque peu leur toute puissance.

L'éruption de la Montagne Pelée le 8 Mai 1902 qui entraîna la disparition de nombreuses sucreries et distilleries et de riches familles affaiblit à nouveau la caste béké.

Depuis, ils constituent, de par le fait qu'ils possèdent une grande majorité des grands terrains de l'île et dirigent les plus importants groupes industriels de l'île, toujours un groupe influent et puissant.

 

1 vote. Moyenne 2.00 sur 5.

Martinique-Escapade Contact : 06.96.98.59.05 - martinique-escapade@live.fr

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site