Les premiers Habitants

La Martinique, une île au passé extraordinaire

La population martiniquaise est une population métissée, diverses couleurs de peaux, d’yeux, de nombreux types de cheveux pour un peuple unique .

L’Histoire de ses premiers habitants permet de comprendre cette diversité, sur une aussi petite superficie (1 100 km²) peut en surprendre plus d’un.

Naissance de la société martiniquaise

Vers – 5 000 avant Jésus-Christ, les premiers habitants attestés de l’île s’installent, peu de choses sont établies sur eux, ils sont appelés « pré-céramistes ». Ce sont des Amérindiens, des hommes et des femmes  venus du Bassin de l’Orénoque (actuel Venezuela) à bord d’  embarcations monoxyles (faites à partir d’un seul et unique tronc d’arbre). : les gommiers . Ils sont rejoints vers l’an 1000, par d’autres amérindiens : les Arawaks, ils apportent de nouvelles cultures et d’autres activités comme la poterie céramique.

Il existait de nombreuses  ethnies amérindiennes (plus de 500) qui se distinguaient les unes, les autres par un langage propre. Deux ethnies amérindiennes constituent nos ascendants : les communautés parlant l'Arawak et les communautés parlant le Caraïbe.

Les Arawaks ont vécu à la Martinique, du 5ème au 9ème siècle, chassés, exterminés par leurs ennemis

 (etoutou, en langue amérindienne) : les Caraïbes.

Nous avons  peu d’informations sur eux, les récits obtenus par certains chroniqueurs français (Du Tertre, Breton) auprès des Caraïbes  et des fouilles ont permis de récolter des notions de leur mode de vie : ils s’établissaient près des cours d’eau, se nourrissant de coquillages, de lambis, de crustacés, des huîtres (huîtres du palétuvier, que l’on trouve dans la mangrove) et de poissons.

 Leur alimentation était centrée autour du manioc.

Ils pratiquaient la chasse, la pêche. Ils se fabriquaient des outils et des armes en polissant les débris des coquillages qu’ils avaient  consommés  (notamment le pavillon de la corne de lambi).

Les sites qui attestent de leur passage sur la Martinique sont nombreux : au Carbet (Boutbois et Goudinot), Fonds-Brûlé et Vivé au Lorrain, au Diamant (la Dizac) et au Vauclin (Macabou), on y a découvert des débris d’herminettes, de haches, de vases

Les Arawaks

Le terme « arawak » viendrait du terme « Allouag » qui signifie « peuple des Aras », les aras étant des perroquets. Les perroquets étaient nombreux dans l’arc antillais. Les hommes  Amérindiens  arboraient des chapeaux de plumes d’oiseaux, qu’ils considéraient comme des objets de valeur, des bijoux. Ils vivaient quasiment nus, comme sur cette image.

Ils avaient des activités comme la poterie : les vestiges ont mis à jour des débris de vases, masques, pots…

C’était un peuple calme et apparemment pacifique.

Ils ont vécu sur l'île jusqu’au IXe siècle : jusqu’à l’arrivée des Caraïbes. Les Caraïbes sont décrits par les navigateurs européens (Espagnols notamment) comme de farouches guerriers. Bravoure qui couplée à l’absence d’or dans l’île détournera les Espagnols malgré leur volonté de conquête de nouveaux territoires, leurs seules escales sur l’île consistaient à  se ravitailler et s’approvisionner en eau, faisant de l’île un point de mouillage.

Peuple animiste, les Arawaks croyaient aux esprits des défunts : les « zémis », pratiquaient des offrandes et des cérémonies religieuses orchestrées par des « boyés » utilisant des idoles : des petites poupées réalisées en coton.

Ils ont été quasiment exterminés, les Caraïbes auraient cependant gardé les femmes et en auraient fait leurs épouses ; ce qui explique pourquoi des mots de la langue amérindienne persistent toujours dans notre vocabulaire, les femmes ont continué à parler l’arawak alors que leurs époux parlaient le langage caraïbe.

Ils ont laissé des traces indélébiles sur des roches de l’île :

-les cupules de l’Anse-Figuier à Rivière-Pilote

 

 Les Roches Gravées de la Forêt de Montravail à Sainte-Luce : grosse roche sur laquelle sont gravés des dessins (dont la signification reste inconnue) : les pétroglyphes.

 

Populations animistes, les Arawaks croyaient aux esprits des défunts : les « zémis », pratiquaient des offrandes et des cérémonies religieuses orchestrées par des « boyés » utilisant comme idoles des petites poupées réalisées en coton.

Les Caraïbes

Ils sont arrivés tout comme leurs prédécesseurs, en pirogue  à bord de kanaouwa.

Les informations sur eux sont plus nombreuses, quand en 1502 Christophe COLOMB découvre l’île, il pense avoir atterri sur Matinino (une île mythique peuplée uniquement par des femmes, « Matinino » veut en effet dire « sans père » or les Caraïbes, peuple guerrier et aventurier effectuaient de nombreux voyages vers les îles avoisinantes, il arrivait que les femmes se retrouvent seules). Les nombreux voyages des Espagnols dans la zone caraïbe permettent de comprendre que la pratique des coqs de combat (aujourd’hui considéré comme un particularisme martiniquais) se soit répandue dans l’arc antillais.

C’est surtout à partir de 1635, que l’histoire des caraïbes est bien maîtrisée. En effet, en Septembre 1365, un flibustier français : Pierre Belain d’Esnambuc, missionné par le cardinal Richelieu au nom de la Compagnie des Indes d’Amérique, décrète l’île colonie française. Appelée Yanacouëra par les Amérindiens (« île aux iguanes » ou « île aux serpents », les Amérindiens semblaient éprouver une peur profonde des serpents et n’osaient même évoquer cet animal par son nom ; les récits d’une île infestée de serpents semble corroborer cette hypothèse). « Madinina » apparait être aussi une appellation désignant l’île, adage qui si l’on s’en réfère aux propos tenus par Colomb, en débarquant,  semble t’il,  au Carbet, à propos de l’île : « C’est la meilleure, le plus fertile, la plus douce, la plus égale, la plus charmante contrée qu’il y ait au monde …» semble correspondre à sa signification : « l’île aux fleurs ». Elle  prend son nom définitif : la Martinique, en devenant une colonie française (territoire  dépendant d’un autre pays qui l’occupe et l’administre : la Métropole).

Les Caraïbes également désigné comme «  peaux rouges », en raison du teint hâlé de leur peau qu’ils entretenaient et protégeaient des moustiques à l’aide du roucou, une plante tinctoriale, qui donne la couleur rouge.

Les Caraïbes avaient deux formes d’habitat :

-la mouïna, maison familiale des couples mariés ou des femmes seules, elle est fermée

-le carbet, immense habitat communautaire au sein duquel les hommes se réunissaient, lieu exclusivement masculin ; l’accès était autorisé aux femmes et enfants lors des ouïcous (fêtes). Cet un bâtiment ouvert et qui accueille les hamacs des hommes. La nuit, les hommes célibataires y dorment.

Bons agriculteurs, ils consommaient de nombreux produits : le cacao, le tabac, le chou caraïbe, le giraumon, le maïs et le manioc, qu’ils ont importé. Ils furent qualifiés de « Civilisation du manioc amer ».

 

Feuilles de manioc amer (reconnaissable à ses tiges rouges, par opposition au manioc doux dont les tiges sont de couleur vertes-jaunes)

Le terme «  caraïbe », viendrait de « caniba » ou « cariba », qui signifie « sauvage », servit de prétexte pour l’évangélisation forcée de ces hommes et femmes avant de provoquer leur quasi-disparition. Le fait qu’ils pratiquaient l’anthropophagie sacrificielle (en ingérant un morceau du corps de leur ennemi vaincu, ils pensaient s’approprier sa force) a donné lieu à diverses croyances a leur égard, les faisant apparaître comme des monstres (peintures de repas anthropophages).

Le manioc

Le manioc est une plante duale : à la fois toxique et aliment ; les Caraïbes avaient élaboré un système pour extraire le suc dangereux contenu dans le manioc : l’acide cyanhydrique en utilisant un long « tube » en vannerie : la couleuvre. Il existe deux types de manioc : le manioc amer et le manioc doux, qui lui ne présente aucun risque. Le manioc permet de préparer des plats solides, comme la galette de cassave qui est cuite sur une platine à manioc et des boissons : le mabi.

Outre le manioc, leurs jardins abritaient patates douces, choux, pois (haricots) et ignames. Ils possédaient également des champs de  pétun (tabac, appelé aussi plante à Jean NICOT).

Ils consommaient des animaux : agoutis, oiseaux, manicous, cochons (abandonnés par les espagnols au cours de leurs escales), aras, tortues capturés à la chasse en les boucanant (boucaner : méthode de cuisson à l’étouffée) ainsi que le produit de leur pêche (coquillages, poissons et crustacés…).

C’était un peuple organisé, les activités étaient sexuellement réparties :

-les hommes s’adonnaient à la vannerie, la poterie, la chasse, la pêche et les gros travaux d’agriculture, fabrication des outils, des carbets et mouïnas et des pirogues.

-les femmes s’occupaient de l’éducation des enfants, de la cuisine, de la récolte des fruits et légumes. Elles filaient le coton et fabriquaient  les hamacs.

En 1658, suite au décès du Gouverneur Du Parquet, les relations avec les Caraïbes  se détériorent et les français attaquent les Caraïbes, tuant le capitaine Nicolas et de 13 de ses hommes. La Cabesterre qui avait été admise comme territoire caraïbe est conquise par les colons et l’île entière  est désormais sous la coupe de ces derniers. En 1660, le 31 Mars, le Traité de Basse-Terre signé à la Guadeloupe attribue aux Amérindiens les îles de Saint-Vincent et de la Dominique laissant ainsi leurs terres devenant alors des territoires français. Le Tombeau des Caraïbes est un des derniers lieux où ils ont vécu, la légende dit que les derniers Caraïbes (ceux qui auraient refusé l’exil) se seraient suicidés plutôt que de se rendre.

Mais des études montrent que bien que beaucoup d’entre eux soient effectivement décédés, suite aux épidémies de rhume, grippe, variole, le choléra apportées par les colons et des conflits qui les ont opposés, il en resta quelques uns, cela peut se justifier par le fait que vivant hors de la communauté blanche ,ceux que l’on désignait par le terme de « sauvages » ont été rejoints par de nombreux esclaves dits « marrons » (esclaves ayant quitté leur plantation pour une durée supérieure à un mois dans la forêt), seul refuge qu’il leur restait, cette cohabitation explique que leurs traditions soient aussi vivaces dans notre culture contemporaine : la vannerie, la pratique du boucanage, la poterie…

 

 

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Commentaires (3)

1. nathalie michaud 28/02/2009

très enrichissant ,très complet et instructif tout en étant synthétique:une réussite!

2. ryann972 (site web) 12/04/2009

Vous m'avez un beau compliment sur mon site mais que dire du votre? très riche superbement documenté c'est vraiment bien fait. En ce moment je prépare un concours et en plus je travaille pour une encyclopédie voolpy.info, donc je mettrai mon site à jour pendant les grandes vacances avec de nouvelles photos et de nouvelles rubriques à bientôt
tous mes sites visent à valoriser la Martinique comme le votre
je vous invite à visiter aussi
http://carnavalmartinique.free.fr
http://martinique.artblog.fr
et http://martinique.petitfute.com

3. michaud nathalie 07/06/2009

ryann, quel est ce site qui vous a valu des cmpliments ,SVP?

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