Etre noir ou la malchance d'un peuple
Privés de toute humanité, les esclaves étaient légalement considérés comme des "meubles".
Les esclaves étaient des matricules (des numéros), n'ayant généralement pas de nom, on leur affublait le nom qui plaisait au maître. Ils vivaient dans des cases entassés à distance de la maison du maître. Ils étaient nourris de façon sommaire avant qu'on ne leur autorise à cultiver leur propre lopin de terre appelé "bituée" le samedi, jardins très souvent en hauteur sur des mornes.
Leur "ration" était fixée:
en 1685
-2 pots et demi de farine de manioc ou 3 cassaves (équivalent de 4, 657 litres),
-2 livres de viande salée ou 3 livres de poisson.
en 1721 :
la portion de farine de manioc jugée trop insuffisante est augmentée à 4 pots.
Ils étaient traités différemment selon leur catégorie:
-les esclaves domestiques étaient nourris dans la case du maitre et était les mieux traités généralement, ce qui ne les dispensait pas de punitions.
-les esclaves à talents, ils jouissaient de la plus grande autonomie et disposaient parfois d'un petit pécule (ils étaient autorisés à vendre parfois le fruit de leur travail) et vivaient parfois hors de l'habitation.
-les esclaves de jardin les moins bien traîtés, ils travaillaient durement la terre sous le soleil et cela plus de 12 heures quotidiennement.
1685 marque l'année où l'esclavage est légalement organisé. A la demande de Madame de MAINTENON, COLBERT rédige le CODE NOIR.
Le CODE NOIR est un ensemble de textes qui mettent en mots la pratique de l'esclavage, il se compose de 60 articles. Il traite de la vie des esclaves et de comment ceux -ci doivent être traités et quels sont leurs droits en cas de non-respect des règles à leur encontre.
Il instituait divers châtiments, en cas de marronage :
♦Première tentative : l'esclave rattrapé on lui coupait les oreilles,
♦Deuxième tentative : retrouvé, on infligeait à l'esclave l'amputation d'une de ses jambes,
♦Troisième tentative : cette dernière et ultime tentative était suivie d'un condamnation à mort (je comprends mal comment après c'est deux échecs et les punitions un esclave osait à nouveau 'senfuir, mais c'est cela l'asservissement : la perte physique et morale de sa personne, une DEPERSONNIFICATION TOTALE, mais en même temps cela montre aussi que d'aucuns préféraient la mort au travail forcé et cela me semble être une ultime tentative de décider de son sort et ressemble à une forme de suicide).
Alors qu'il interdisait la torture, il permettait toutefois aux maîtres ou géreurs la correction par le fouet.....encore une fois le pouvoir des mots!!
Punitions infligées :
Loin de perdre tout esprit de communauté, ils conservaient des liens très étroits et s'entretenaient solidairement en dépit du dur quotidien de leur vie s'accompagnant de chants, de frappes de tambours leurs journées quand ils le pouvaient. Ils s'aidaient volontiers, pratiquant le "koudmin" ( coup de main) , formant soit une "société" (groupe de travail collectif se réunissant à des étapes de l'année)formant un "lasoté" (groupe de travail collectif ponctuel). (voir les rubriques spécifiques)

Le saviez-vous?
Le mariage entre esclaves n'était pas interdit mais peu encouragé afin de permettre aux hommes noirs d'avoir plusieurs femmes et ainsi donc multiplier les chances d'avoir gratuitement de nouveaux serviteurs......
Pour se venger de leurs maîtres, certains esclaves eurent recours à l'empoisonnement.
Un esclave en bonne santé travaillant mieux, une ordonnance royale obligea en 1736 les colons à planter 25 pieds de banane par tête d'esclave pour les nourrir.
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1. Joseph Le 15/08/2008 à 14:58
2. Rosalia, webmastrice du site Le 21/08/2008 à 16:19
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